Chute de cheveux après l’accouchement

La chute de cheveux et leur pousse, chez la femme, sont surtout liées à la production d’hormones. C’est ainsi que l’on observe plus ou moins de chute de cheveux chez une femme, selon les différentes étapes de sa vie, notamment à la puberté, à la ménopause, pendant la grossesse et après l’accouchement.

Particulièrement après la grossesse / l’accouchement, la chute de cheveux peut venir troubler l’heureux évènement de la naissance. Mais y a-t-il vraiment lieu de s’inquiéter ? En réalité non, sauf dans certains cas. Les détails et les explications dans le présent article.

Pendant la grossesse, comment se passe la pousse et la chute des cheveux ?

Pour comprendre la chute de cheveux après l’accouchement, il faut d’abord revenir à comment ça se passe pendant la grossesse, et même au cycle « normal » même des cheveux.

  • Rappel du cycle de vie des cheveux

 

La vie des cheveux suit un cycle de trois phases.

La première phase est dite anagène, pendant laquelle les cheveux poussent d’une manière plus ou moins constante et régulière. Chez la femme, elle dure entre 2 à 6 ans. Les cheveux concernés par cette phase de croissance représentent environ 85% de l’ensemble de la chevelure. C’est ce qui explique d’ailleurs l’abondance permanente de cheveux sur notre tête.

La deuxième phase du cycle de vie des cheveux, c’est celle dite catagène. Il s’agit d’une phase pendant laquelle les cheveux ne s’allongent plus. En d’autres termes, les cheveux sont au repos, mais ne sont toutefois pas encore en train de mourir. Cette phase est la plus courte, ne durant que 2 à 3 semaines. Ce sont environ 14% des cheveux qui sont dans cette étape.

Enfin, il y a la phase télogène, durant entre 2 et 6 mois. C’est dans cette phase que les cheveux meurent petit à petit, pour finir par chuter. C’est ainsi que l’on perd quotidiennement jusqu’à 100 cheveux par jour. Les cheveux qui tombent donnent toutefois la place à de nouveaux, rentrant en phase anagène (phase de pousse), bouclant le cycle. Vous l’aurez conclu, ce sont environ 1% de nos cheveux qui sont dans cette phase.

  • Comment ça se passe pendant la grossesse ?

 

La grossesse est caractérisée par une production croissante de deux hormones, que sont les œstrogènes et la progestérone, appelées d’ailleurs hormones de la grossesse. Grâce à elles, on retrouve, comme à l’adolescence, des cheveux encore plus brillants, encore plus épais, bref des cheveux comme plus que jamais en très bonne santé.

En effet, de par la production plus abondante d’œstrogènes et de progestérone, la phase catagène, pendant laquelle les cheveux poussent comme nous l’avons vu plus haut, s’allonge. C’est ainsi que si dans un cycle habituel, les cheveux en phase anagène représente 85% de ceux qui sont présents sur notre tête, cette proportion passe jusqu’à 95%. Par ailleurs, en plus de prolonger la phase anagène, les hormones de la grossesse augmentent par la même occasion le diamètre des tiges capillaires.

Vous l’aurez compris, les cheveux au repos (en phase catagène) et en train de mourir / chuter (phase télogène) passent de 15% de l’ensemble de la chevelure à seulement 5%. Il y a donc beaucoup moins de cheveux qui tombent pendant la grossesse, et notamment pendant les deux derniers trimestres.

Après l’accouchement, retour au cycle de vie habituel des cheveux, après… rattrapage

 

Malheureusement, on ne peut pas toujours avoir le beurre et l’argent du beurre. Une fois que le petit boutchou tant attendu arrive, les cheveux reprennent leur cycle de vie « normal / habituel ». De plus, ils vont tout d’abord rattraper le retard.

  • Une baisse de la production d’oestrogènes et de progestérone faisant rattraper le retard

 

La production d’oestrogènes et de progestérone diminue grandement après l’accouchement, comparée à ce qui a été observé pendant la grossesse. C’est ainsi que 2 à 4 mois après l’accouchement, une chute de cheveux beaucoup plus conséquente est observée. En effet, les cheveux ayant bénéficié d’une plus grande phase de pousse grâce aux hormones de la grossesse, rentrent désormais dans les deux dernières phases, c’est-à-dire de repos, de mort puis de chute. En d’autres termes, le cycle de vie des cheveux ne fait que rattraper le « retard accumulé ». En effet, si les cheveux n’étaient plus, pendant la grossesse, que 5% dans la phase catagène et celle télogène, au lieu des 15% habituels, ce sont donc bien les 10% « en trop » qui vont tomber beaucoup plus vite. La différence peut ainsi être « flagrante », donc inquiétante, puisqu’on a été habitué à ne voir pratiquement aucun cheveu qui chute pendant la grossesse, à part ledit rattrapage.

En réalité, il n’y a donc pas lieu de s’inquiéter, puisqu’après l’accouchement, la femme est tout simplement en train de retrouver son « capital chevelure » d’avant la grossesse, un phénomène tout à fait normal, non pathologique.

A savoir : La chute de cheveux plus abondante après l’accouchement est désigné par les spécialistes / scientifiques : « effluvium télogène du post-partum ».

  • L’exception de l’allaitement

 

Si la mère décide d’allaiter son enfant, la chute de cheveux « abondante » après l’accouchement est retardée, en fonction de la durée de l’allaitement. En effet, une femme allaitante connaît pratiquement la même production hormonale (c’est-à-dire d’oestrogènes et de progestérone) qu’une femme enceinte. Le retour à la chevelure initiale ne commence donc « réellement » qu’une fois que la mère ne donne plus le sein à son enfant.

Quand alors s’inquiéter d’une chute de cheveux après l’accouchement ?

 chute de cheveux

La chute de cheveux abondante après l’accouchement est observée pendant 6 à 12 semaines, délai après lequel le cycle habituel de vie des cheveux reprend son cours. L’inquiétude devrait alors s’installer quand les cheveux continuent à tomber à plus de 100 par jour (chute normale comme nous l’avons vu plus haut), au-delà de 3 mois.

La raison de cette chute anormale peut provenir d’une carence en fer, qui n’est pas du tout à écarter après un accouchement. Sinon, il peut également s’agir d’un déficit des hormones thyroïdiennes, appelé hypothyroïdie.

Peut-on toutefois limiter la chute de cheveux après l’accouchement ?

 

Bien qu’il s’agisse d’un phénomène tout à fait naturel, donc normal, la chute de cheveux après l’accouchement peut être limitée. Cela a pour avantage de moins « traumatiser », de se rassurer, pour le plus grand bien de la mère et surtout du bébé.

Quelques précautions doivent alors être observées. En premier lieu, il ne faut pas être trop « énergique » en brossant ses cheveux. A part cela, il faut éviter les chignons trop serrés, ou tout autre type de coiffure ayant tendance à trop tirer les cheveux. Par ailleurs, les traitements pouvant agresser les cheveux doivent être écartés, à l’exemple de la coloration, ou encore du lissage. Le mieux, c’est même d’éviter le sèche-cheveux. Sinon, les shampooings doux sont ce qu’il y a de plus recommandés.

Dans tous les cas, on peut toujours prendre ses précautions et demander l’avis d’un spécialiste, notamment un dermatologue. Outre le bilan hormonal (pour s’assurer qu’il n’y ait aucun trouble hormonal), celui-ci pourra éventuellement faire un examen des cheveux. En effet, la chute de cheveux après l’accouchement peut « dissimuler », par exemple, une alopécie androgénétique (la plus courante des alopécies). Une supplémentation, notamment en fer, ou encore en acide folique, peut également être recommandée, outre les compléments en vitamines.