Pourquoi les cheveux chutent ?

Suivant un cycle de vie à trois phases, nos cheveux arrivés à la fin dudit cycle tombent pour donner la place à de nouveaux, rentrant en phase de pousse. C’est ainsi que nous perdons, donc d’une manière tout à fait normal, jusqu’à 100 cheveux par jour. D’ailleurs, certains d’entre nous ne s’en aperçoivent même pas.

Mais parfois, nous perdons de cheveux plus qu’il n’en faut, c’est-à-dire plus de 100 en un jour et ce, sur une durée plus ou moins longue. Les raisons peuvent en être multiples mais dans certains cas, il n’y a pas lieu de trop s’inquiéter. Dans d’autres, par contre, des dispositions doivent être prises. Voyons tout cela en détails, pour nous aider à nous rassurer, mais aussi pour nous alerter.

Le facteur génétique

 

Une des raisons de chute de cheveux que l’on peut qualifier de pathologique, c’est la prédisposition de notre patrimoine génétique même, c’est-à-dire que l’hérédité y est pour quelque chose. Dans ce cas, on parle essentiellement d’alopécie androgénétique. Ce type de chute de cheveux pathologique peut toucher aussi bien les hommes que les femmes.

Il s’agit d’une réaction sensible à la dihydrotestostérone ou DHT, une hormone dérivée de la testostérone, l’hormone mâle produite par les testicules, l’ovaire et les glandes surrénales. Ce n’est pas l’hormone mâle même qui est en cause, mais bien la trop forte sensibilité à la DHT, acquise d’une manière héréditaire. Il en résulte une calvitie (absence de cheveux) de la partie supérieure du crâne chez l’homme, seule la partie basse (des côtés et derrière) de la tête étant épargnée, pour laisser ainsi une sorte de couronne. Chez la femme, la calvitie est beaucoup plus diffuse, ne la laissant que très rarement chauve.

Ce type d’alopécie s’installe d’une manière définitive, d’où l’importance de la traiter au plus tôt, pour limiter la calvitie.

androgénique

A savoir : l’alopécie androgénétique est la forme de chute de cheveux pathologique la plus répandue, représentant 90% des cas chez l’homme et 80% chez la femme.

Les différentes carences alimentaires

 

Comme pour l’ensemble de notre corps, la bonne santé de nos cheveux dépend grandement de notre alimentation. Différentes carences nuisent alors à leur pousse et/ou accélèrent leurs chutes. Il s’agit surtout de l’apport insuffisant en protéines, en zinc, en soufre, en fer et/ou en vitamine B. Lesdites carences peuvent être confirmées par une analyse du sang. Une supplémentation en de tels nutriments peut alors être nécessaire.

A savoir : une allergie ou une intolérance à certains aliments peuvent entraîner une carence en vitamines et minéraux, conduisant donc, par ricochet, à une chute anormale des cheveux.

Le stress

 

Le stress est à l’origine de différents troubles métaboliques dans l’organisme. Concernant particulièrement la chute de cheveux, il accélère la phase anagène, c’est-à-dire de pousse des cheveux, la phase télogène, de mort puis de chute des cheveux, arrivant ainsi d’une manière prématurée.

Parmi les formes d’alopécie résultant du stress, il y a, entre autres, la pelade, encore appelée alopécie en plaques, les cheveux chutant à des endroits / zones de la tête.

Les chocs émotionnels

Tout comme le stress, les chocs émotionnels provoquent des chutes brutales et abondantes de cheveux. Il peut s’agir d’un décès, ou encore d’une séparation. Le plus souvent, la chute de cheveux est observée jusqu’à 4 mois après le choc.

La chimiothérapie, la radiothérapie et les traitements médicamenteux

 

Destinés à guérir d’une maladie comme le cancer, la chimiothérapie, la radiothérapie et certains médicaments ont pour effet secondaire la chute de cheveux. Généralement, la repousse des cheveux est observée quelques semaines après l’arrêt du traitement, et même seulement quelques jours après chez certains sujets.

La cigarette

 

Il faut savoir que la cigarette ne nuit pas uniquement au système respiratoire, à la bonne santé cardiovasculaire…, elle est également néfaste à la chevelure. En effet, à cause de la cigarette, non seulement les cheveux ont mauvaise odeur et deviennent grisonnants, mais surtout, ils chutent. La raison en est que le fait de fumer provoque un stress oxydatif, favorisant la sécrétion de cytokines inflammatoires. Il s’agit d’hormones attaquant le follicule pileux, fragilisant ainsi les cheveux et accélérant leurs chutes.

Les sucres raffinés à index glycémique élevé

 

Particulièrement pour les personnes sujettes à l’alopécie androgénétique de par l’hérédité, les sucres raffinés à index glycémique élevé peuvent accentuer davantage la chute de cheveux. En effet, de tels aliments favorisent indirectement un accroissement de la sécrétion d’hormones androgènes.

La trop grande exposition au bruit

 

Des bruits trop forts affectent les oreilles et peuvent même conduire à la surdité, mais constituent également un danger pour les cheveux. En effet, les vibrations du son ne s’arrêtent pas au tympan, puisqu’elles se propagent jusqu’à la partie du cerveau qui est responsable de la pousse des cheveux. Selon les scientifiques, ce sont les bruits à partir de 85 décibels qui sont en cause, endommageant les cellules capillaires. C’est ainsi que lors d’une étude menée aux Etats-Unis, il a été démontré que 15% des Américains victimes d’une chute de cheveux trouvent l’origine du « mal » dans une trop forte exposition au bruit.

L’hypothyroïdie

 

L’hypothyroïdie se traduit par une baisse de la sécrétion d’hormones thyroïdiennes. Il en résulte une accumulation de graisses mais aussi de toxines dans l’organisme. On parle alors de stress oxydatif, accélérant la phase de mort et de chute (phase télogène) des cheveux et ralentissant leur phase de vie / pousse (phase anagène). Les cheveux tombent ainsi beaucoup plus vite mais de plus, ceux qui devraient les remplacer ne poussent qu’assez difficilement.

Après l’accouchement

 

Suite à l’accouchement, plus précisément 2 à 4 mois après, une plus grande perte de cheveux est observée chez la mère. Mais là, il n’y a pas à trop s’inquiéter, puisqu’il s’agit d’un phénomène tout à fait normal. En effet, pendant la grossesse, la production d’oestrogènes et de progestérone augmentent considérablement. Cela a pour conséquence d’allonger la phase de pousse des cheveux, c’est-à-dire la phase anagène. Ce sont donc jusqu’à 95% des cheveux de la femme enceinte qui demeurent  dans cette première phase, au lieu des 85% habituels (voir : « Le cycle de vie et chute des cheveux »). Après l’accouchement, la sécrétion d’oestrogènes et de progestérone redeviennent à la « normale ». Les cheveux ayant tardé à rentrer en phase de repos, de mort puis de chute (phase catagène et phase télogène) sont alors plus nombreux. On a donc l’impression que l’on perd beaucoup plus de cheveux mais en réalité, on est tout simplement en train de retrouver notre capitale chevelure d’avant la grossesse.

A savoir : la perte de cheveux après l’accouchement s’observe sur une durée allant de 6 à 12 semaines. Si la chute continue au-delà de ce délai, il est conseillé de consulter un spécialiste, notamment un dermatologue.

La ménopause

ménopause

 

La ménopause est caractérisée par une baisse considérable de la production d’oestrogènes, allant jusqu’à 80%, à côté d’une baisse beaucoup plus moindre de testostérone, puisque cette hormone mâle n’est réduite que d’environ 10%. Par rapport à la chevelure, une sorte de déséquilibre hormonale est alors observée, puisqu’il n’y a plus suffisamment d’oestrogènes pour contrer les actions de l’androgène source de DHT, celle-ci, comme nous l’avons vu plus haut, étant source de sensibilité chez certains sujets. Une alopécie androgénétique est alors observée, nécessitant un traitement pour limiter la calvitie.

A noter :

  • La chute de cheveux peut commencer dès la préménopause, c’est-à-dire 4 à 5 ans avant la ménopause proprement dite. Elle peut même débuter bien avant que les règles deviennent de plus en plus irrégulières (signe d’entrée progressive dans la ménopause).
  • L’alopécie peut être aggravée par le stress accompagnant la ménopause, mais également la chute de cheveux en elle-même. Le stress, comme nous l’avons vu, étant source de chute de cheveux, un cercle vicieux peut ainsi s’installer. Un traitement et un accompagnement spécialisés sont alors recommandés.

Le changement de saison

 

Comme les plantes, nous réagissons à l’intensité du soleil, de par la production d’hormones. Celles-ci influant à leur tour le cycle de vie des cheveux, ces derniers ne se comportent donc pas de la même manière, selon la saison. C’est ainsi qu’au printemps et surtout en automne, en d’autres termes en période de changement de saison, il y a ce qu’on appelle la chute de cheveux saisonnière. En ce moment-là, on observe une chute pouvant aller jusqu’à 175 par jour. Il s’agit d’un phénomène tout à fait naturel, durant entre 4 et 6 semaines. C’est donc au-delà de ce délai que la chute de cheveux peut être anormale ou pathologique.

Sinon, il est à noter qu’en automne, la chute de cheveux peut être accentuée par :

  • une grosse fatigue précédant les vacances et dont la chute de cheveux qui s’en suit n’est observée qu’environ 3 mois après,
  • un stress causé par la reprise du travail,
  • ou encore une trop grande exposition au soleil et / ou les bains en mer pendant l’été.